lundi 7 mars 2016

L'histoire de Mathilde

- Tu peux être mon roi encore une fois.
Mathilde retenait cet être chère du bout des doigts. Elle savait que si elle lâchait ce si petit bout de tissue, elle ne le rêverait plus, elle n'apercevrait plus son sourire, ses larmes de joie, son rire... Elle allait tout perdre. Elle se mit à trembler.
- reste ! je t'en supplie, reste !
Puis elle éclata en sanglots. Il ne bougeait pas, il la fixait sans donner aucun signe de sentiments qui pourrait la rassurer. Oui, parce qu'il devait partir. Non qu'il le voulait, mais c'était une obligation, un ordre même... Et il ne pouvait déjouer le destin, faire face à la volonté de Dieu. Il embrassa sa croix autour du cou puis vînt déposer un doux baisé affectueux sur le front de Mathilde. Non, non... Il s'avança, sa cape noire glissa dans la paume de main de Mathilde, comme si elle ne pouvait plus l'en empêcher. Elle était paralysée, figée par la peur de devoir accepter cet adieu déchirant. Son prince, son roi... Il allait la laisser seule ! Il allait l'abandonner !
- je t'interdis de partir ! reviieeeennntt !

elle criait de toutes ses forces mais ça ne servait à rien. Il avait déjà passé le portail, il avait transgressé leur promesse. Elle accourue vers lui mais chuta dans la boue entre-temps. Elle ne put que tendre sa main vers sa silhouette disparaissant dans la brume. Elle ne pouvait que l'espérer vivant dans quelques années afin de le revoir, mais ce n'était qu'un rêve bien trop grand. Une espoir qui allait peser, allait l'engourdir et la détruire. Elle n'était pas prête pour tant de sacrifices, elle n'en voulait pas ! D'ailleurs pourquoi la vie était si injuste ? Pourquoi devait elle se retrouver seule ? Seule à en mourir, seule à survivre dans le chaos... Plus rien. Plus de pères, plus de mères... personne. Elle se releva, les jambes flageolantes. Elle ne parvenait pas à supporter son poids, tout à coup elle était d'une si grande lourdeur ! Et elle se décida à rentrer, à faire le ménage, à préparer à manger... Tient ! Un bon potage, comme il l'est aime ! Oui, oui... Elle allait préparer son plat préféré. Car il allait revenir, et tous les jours elle allait refaire la même cuisine pour que lorsqu'il reviendra, elle pourra lui tendre cette casserole avec ses aliments favoris. Mais lorsqu'elle se mit à table, un vide l'emporta. Elle n'avait pas faim. Une chaise était inoccupée, tout comme les deux autres, celles de ses parents avaient été mises de côté. Le regard vide, la solitude l'emporta. Mathilde avait 14 ans. Elle ne demandait que de l'affection, une seule chose qu'elle n'eut plus jamais. Et l'histoire de Mathilde débute lors de ses 17 ans. Alors qu'elle préparait avec amour un bon potage de légumes qu'elle venait de récolter, l'on toqua à sa porte. Son cœur s'emballa, devînt intense et douloureux. Elle se précipita pour ouvrir mais elle ne parvenait pas à tourner la poignée. Et si c'était lui . Peut-être qu'il était encore en vie, que malgré les patrouilles et le chaos il avait survécu. Elle se força mais avant, prit sa cuisine avec elle. Elle allait tendre le repas vers cet être qu'elle avait attendu si longtemps. Elle allait lui sourire et lui dire :
- tu vois, mon roi. Je t'ai attendue !
Elle prépara son meilleur sourire, pour lui montrer qu'elle n'avait jamais pleuré, qu'elle avait toujours gardé espoir même si c'était irrévocablement faux. La porte s'ouvrit.
- Bonjour... Mademoiselle. Je suis ici car...
Ce... Ce n'était pas lui. L'homme baissa la tête et était en uniforme. Il était porteur d'une mort. elle laissa tomber son repas sur le sol ce qui laissa des éclats de verre lui entailler les jambes. Mais elle était déjà tombé sur le parterre, la main sur sa bouche tout en laissant les larmes couler. Elle resta ainsi un bon moment, presque éternel tandis que L'homme s'en alla, désolé. Elle était à présent véritablement seule... IL avait été tué, la guerre l'avait ravagé et les avait séparé à tout jamais.
- tu peux être mon roi encore une fois... Grand frère....

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