jeudi 18 février 2016

fin goûteuse

Extrait 3 :

La graine se trouvait dans ma bouche, était entre mon palais et ma langue laissant se trémousser mes papilles gustatives. Emporté par un océan immense, emmené par la déchéance, comme si je me réveillais d'un rêve incompréhensible. Aucun goût, aucune matière ou aucune sensation de froideur ou de chaleur. Rien...un goût amère et fade, presque immangeable. Mais...cette impression d’envol, de ne faire qu'un avec cette terre, son âme qui me bouleversait de toutes parts, comme si elle m'animait. Mes battements de cœur ne faisaient plus qu'un avec les siens, tout était clair, mon humanité se rattachait à la sienne, les tambours au loin du village retentirent. Le son percutait en moi, il m’appelait, il me faisait danser comme jamais entre la joie et la douceur. Je n'avais plus faim, je ne voulais plus de ces repas où le chocolat paressait toujours être la forme principale de la gourmandise. Tous nos plats ne venaient que de ces terres déchirées, arrachées et oubliées. Les sauts, les danses de ces Africains ne faisant plus qu'un avec leur dieu issu du cœur de notre planète. Comment avais je pu oublier ? Comment avais je pu tant ignorer cette si grande vérité ? La réponse à toutes mes questions n'était plus qu'un seul mot, une évidence. J'avais envie d'en écrire mille et une pages, courir vers ce monde où les gens ne connaissaient pas encore ce lien si fort d'un fil d'argent robuste et incassable. Ma voix résonnait, le moi d'avant, transformé à jamais d'une si belle expérience comme aucune autre. Aujourd'hui, je ne suis toujours un grand gourmand, mais j'en suis rassasié par ce qui me vient de la nature, et ce qui pousse à l'horizon, près des arbres ou de la terre sèche et saccagée. Je ne suis plus ce cuisinier, plus ce boulanger ou cet homme qui rêvait tant de gloire et de postérité au sein de notre vaste monde. Je suis un homme relié à mes véritable racines, là où
mes réponses qui résonnaient sans cesse dans mon esprit, avaient les intonations et la représentation même de ces paroles :
- Mon frère, rien n'est égal à la source même de nos désirs gourmands lorsque nous y plongeons dans la vérité absolue et...unique.

                                                                       ( Fin ) 



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